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L'attestation de foi

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

La première chose que le Prophète (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) a évoqué dans le « hadith de Jibrîl », ou bien dans le hadith sous l’autorité de ‘Abdullâh Ibnou ‘Umar (voir la page précédente) est l’attestation de foi, le premier pilier de l'Islam. Témoigner, attester que nul n’est digne d’être adoré en vérité en dehors d’Allâh, et que Muhâmmad est le Messager d’Allâh. En arabe, cela donne : Ash hadou an lâ ilaha illa Allâh, wa anna Muhâmmadan Rassouloullâh. Celui qui prononce cette phrase avec le cœur et en y croyant fermement, entre en Islam. Tout simplement.

C’est le premier pilier et c’est le plus important. Etant donné qu’il s’agit d’une attestation, d’une formulation, d’une prononciation de phrases avec des mots, il est coutume de croire que c’est un pilier rapide à réaliser et donc, qu'il est inutile de s'y attarder. Mais… ce serait une lourde erreur.

Nous allons tenter, si Dieu le veut, d’expliquer brièvement cette attestation de foi ci-dessous.

Le sens de la première proposition « Lâ ilaha illa Allâh » est qu’en vérité, rien n'y personne ne mérite l’adoration en dehors d’Allâh Seul. Cette parole comprend une négation générale au début, et une affirmation spécifique à la fin.

La première partie contient la négation du droit à l’adoration de toute divinité, ou de tout ce que les gens ont pu considérer comme des divinités : un objet, une statue, un animal, un homme (comme un Prophète), un ange, etc.

La deuxième partie contient l’affirmation de ce droit à Allâh Seul, le seul véritable Dieu digne d’adoration.

C’est la raison pour laquelle, traduire cette expression par « Il n’est de divinité que Allâh » n’est pas tout à fait correct. En effet, si par « divinité », on entend « essence qui est adorée » alors la phrase est fausse : les gens adorent d’autres que Allâh, ou bien d’autres avec Allâh. C’est le cas de certaines personnes qui vouent un culte à une statue, à un animal, à un homme, à un ange. Il existe donc de nombreuses « divinités » considérées. Cependant, aucune d’entre elles ne mérite ce statut. Donc, le sens réel de cette phrase est le suivant : il n’existe aucune réelle divinité, réel « Être » qui mérité une adoration, à qui l’on doit vouer une adoration, excepté Allâh Seul. Lui Seul, et sans associé, sans partenaire, sans égal.

Le sens de la proposition qui suit « Muhâmmadan Rassouloullâh » est l’attestation que Muhâmmad est bel et bien le Messager de Dieu. Attester de cela, implique, entre autres de : croire aux enseignements qu’il apporte, lui obéir dans ce qu’il ordonne, s’écarter de ce qu’il interdit, le prendre pour modèle dans tous les actes cultuels : prier comme il a prié, et de manière générale, réaliser son adoration à Dieu en suivant son exemple et ses directives.

Cette attestation implique également de nombreuses choses, qu’il serait trop long de développer ici. Mais, à titre d'exemple, le fait qu’elle renferme les deux conditions pour qu’un acte d’adoration soit accepté par Dieu.

Prenons l’exemple de quelqu’un qui désire prier.

1ère condition, celle qui est renfermée par « Lâ ilaha illa Allâh », qui est la sincérité dans l'acte. Cette prière, son acte d’adoration, ne doit être voué qu’à Allâh Seul. Il faut, que lorsqu’il prie, il voue son acte à Allâh Seul, et personne en dehors de lui.

Exemple d’un cas où sa prière n’est pas acceptée par Dieu : il prie, réalise ses prosternations, mais dans son cœur, il les voue à une statue par exemple. Il prie cette statue. Ici, son acte est bien évidemment rejeté (et pour ce cas présent, ça va encore plus loin : celui qui prie une autre divinité, contredit totalement l’attestation de foi (qui entre autres affirme le droit à l’adoration à Allâh seul) et donc n’est plus en « Islam ». Mais c’est un sujet important et grave, qu’il convient de traiter avec minutie et pas en quelques lignes).

Autre exemple où son intention de départ (vouer sa prière à Allâh Seul) a quelque peu modifié : un homme prie, et, par exemple, lorsque quelqu’un entre dans la pièce où il prie, alors cet homme améliore sa prière, de sorte que la personne se dise qu’il prie « bien ». Là, on sera tous d’accord, son intention à un peu changé…

La première condition est donc la sincérité : vouer son acte à Allâh Seul, en ne cherchant par cela que Sa satisfaction à Lui, Son agrément, Son acceptation.

2ème condition, celle qui est renfermée par « Muhâmmadan Rasouloullâh », qui est la conformité à la pratique du Messager. Il faut, que lorsque cet homme prie, qu'il le fasse de la même manière que l’a montrée celui qui est envoyé par Celui pour Qui l’on prie. Attester qu'il est le Messager, c'est attester que personne en dehors de lui n'est à même de pratiquer de la meilleure façon.

Ceci est évident. Si, par exemple, un peintre envoie le modèle d’une toile à des « candidats », et que ceux-ci doivent réaliser cette toile. Si un candidat décide de peindre quelque chose d’autre, alors il n’aura pas répondu à la demande du peintre. C’est un exemple très réducteur, mais toute proportion gardée, le sens se rapproche fortement.

Dieu envoie Son Messager afin de transmettre le Message, ainsi que montrer les actes d’adorations, entre autres. Celui donc, qui s’en détourne, et décide de les faire « à sa façon », aura agis par mégarde.

Voici donc un exemple de ce que renferme cette attestation : les deux conditions d’acceptation d’une œuvre. Et bien d’autres choses.

Wa Allâhou a’lam – Et Allâh sait mieux.

Soubhanaka’Llâhoumma wa bihamdika, ash hadou an la ilaha illa Anta, astaghfirouka wa a-toubou ilayka.

Nos sources :

Commentaires des 40 hadiths de l’Imam An Nawawi, par le sheikh ‘Abd Al Muhsin Al ‘Abbad, de Médine, qu’Allâh le préserve. Aux éditions Dar Al Muslim. Ainsi que Le vrai sens de l'attestation de foi par le sheikh Sâlih ibnou Fawzân al Fawzân, traduit par le frère Karim Zentici.



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